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5. a) A cela s'ajoute que la situation qui règne aujourd'hui au Rwanda ne fait pas apparaître une stabilisation suffisante de la situation pour qu'un retour dans des conditions de sécurité acceptables soit envisageable.

En effet, les troubles causés par les responsables du génocide (anciens militaires des FAR et miliciens "interhamwe") n'ont jamais réellement cessé depuis 1994. Réfugiés dans un premier temps sur le territoire de l'ex-Zaïre, ils ont entretenu l'insécurité dans l'ouest du Rwanda, procédant à plusieurs incursions meurtrières. Parallèlement, des Tutsis rescapés du génocide, susceptibles d'identifier certains de ses responsables, ont été assassinés en assez grand nombre.

Contrairement aux espérances du gouvernement de Kigali, la chute du président Mobutu et la victoire de l'Alliance des Forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre (AFDL) au Congo (à laquelle le FPR avait apporté son aide) n'a pas mis fin à cette guérilla endémique. Bien plutôt, le niveau d'insécurité s'est sensiblement accru sur le territoire rwandais depuis l'été 1997. Les troubles qui ont alors commencé dans les provinces congolaises du Nord- et du Sud-Kivu, causés par les populations autochtones de ces régions, opposées à ce qu'elles ressentaient comme une suprématie tutsi au sein du gouvernement de l'AFDL, ont favorisé la réorganisation et la nouvelle montée en puissance des groupements hutus venus du Rwanda. Bénéficiant de l'appui des débris des anciennes Forces armées zaïroises (FAZ), et peut-être de mouvements de guérilla analogues originaires du Burundi, ils ont mené depuis quelques mois de véritables attaques en règle contre des camps de réfugiés tutsis sur le sol rwandais et certaines localités (dont Cyangugu, le 11 décembre 1997) ; le 18 novembre 1997, une attaque contre la prison de Giciye, puis en décembre contre une prison de Kigali, ont permis de libérer plusieurs centaines de détenus soupçonnés de participation au génocide. Depuis l'été 1997, ces incursions auraient fait plus de cinq mille morts. La situation est en voie d'aggravation, les extrémistes hutus paraissant en mesure de créer de véritables "sanctuaires" dans le nord-ouest du pays, avec la complicité de la population locale ; une nouvelle poussée génocidaire n'est pas impossible (cf. Neue Zürcher Zeitung, 14 décembre 1997 ; International Herald Tribune, 29 janvier 1998 ; Nouvel Observateur, 19 février 1998).

Cette persistance du harcèlement mené par les anciens membres des FAR et des "interhamwe" a empêché la vie politique intérieure du Rwanda de se normaliser et a favorisé, parallèlement, une progressive radicalisation du nouveau pouvoir. En août 1995, le Premier ministre Twagiramungu et d'autres