1998 / 22  - 194

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problèmes territoriaux qui se sont traduits par des combats le long de la frontière, et des raids aériens qui ont fait des dizaines de victimes. Le 14 juin 1998, toutefois, donnant suite à l'intervention directe de la Maison-Blanche, les deux pays ont accepté de se mettre à la table des négociations pour régler leurs différends. L'évolution de la situation doit néanmoins demeurer l'objet d'une surveillance attentive.

En résumé, même si l'on doit constater un échec relatif du gouvernement éthiopien quant à ses efforts pour favoriser le développement social, l'égalité et la démocratie, même si l'on assiste à une régression certaine au plan des droits de l'homme, la situation à l'intérieur du pays n'est toutefois pas assimilable à un état de violence généralisée au sens des critères susmentionnés au point de présumer d'une manière systématique, quelles que soient les circonstances du cas d'espèce, l'existence d'une mise en danger concrète à l'endroit de tous les ressortissants éthiopiens. Les affrontements armés avec l'Etrythrée, confinés, pour ce qui concerne le territoire éthiopien, à la zone frontière, ne sont pas de nature à modifier cette appréciation.

f) Sur le plan économique, l'Ethiopie se remet péniblement des ravages causés par la guerre civile et des sécheresses périodiques. Le manque de vivres se fait particulièrement sentir dans certaines provinces (Ogaden, Bale, Sidamo, Nord Wollo). Au vu de la situation, le "Groupe consultatif pour l'Ethiopie", composé des représentants de quatorze nations et huit organisations d'aide au développement, fournit depuis 1991 à l'Ethiopie, dont le budget annuel ne dépasse pas les 1,6 milliard de dollars, une assistance financière annuelle de près d'un milliard de dollars pour soutenir le programme de réformes économiques, sans compter l'aide d'autres organisations gouvernementales et non gouvernementales. Les élections passées, le nouveau gouvernement s'est lancé prioritairement dans la réforme économique du pays, précédemment lancée, et dont les effets se sont fait sentir substantiellement dès la période fiscale débutant en juillet 1995 par un accroissement des exportations avec une progression significative de la production d'or et de café et des importations. Par ailleurs, l'Ethiopie a obtenu, au début de 1998, le plus gros crédit jamais accordé à un pays africain par l'Association internationale de développement (IDA), une branche de la Banque mondiale, dans le cadre d'un programme quinquennal de développement routier de 2,75 milliards de dollars : 309,2 millions de dollars, devant servir à la rénovation du réseau routier existant et à l'extension de l'infrastructure routière, visant à mettre en place un maillage à partir d'Addis-Abeba et à relier les villages isolés et les centres urbains,