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la réaction du sujet à la situation ou à l'événement s'est traduite
par une peur intense, un sentiment d'impuissance ou d'horreur (DSM-IV/309.81). Si le sujet
est lui-même victime d'une torture psychologique, la réaction de peur, d'horreur et de
détresse n'en aura été que plus grande, en particulier si c'est son enfant, son épouse
ou un autre parent qui ont été tués ou torturés en sa présence (cf. Conseil de
sécurité, Commission d'indemnisation des Nations Unies, Report of the Panel of Experts
appointed to assist the United Nations Compensation Commission in matters of concerning
Compensation for Mental Pain and Anguish, 14 mars 1994, spéc. p. 26 et 31).
ff) Appliqués à la Bosnie-Herzégovine, les critères dégagés d'une part par la
jurisprudence prévalant en matière d'asile et d'autre part par la science médicale en
matière psychiatrique permettent à la commission de retenir d'une manière générale
que les Musulmans originaires de l'entité serbe sont fondés à invoquer aujourd'hui
encore des "raisons impérieuses" tenant à leurs persécutions antérieures,
afin de faire échec à l'exclusion de la qualité de réfugié déduite d'un changement
de circonstances. Cependant, contrairement aux situations d'autres pays, dont la
commission a eu à juger précédemment, les préjudices endurés par cette catégorie
d'étrangers émanaient d'un mouvement sécessioniste qui, à l'époque des faits
déterminants comme actuellement encore, n'occupait et n'occupe qu'une partie du
territoire de la Bosnie-Herzégovine. Dans ces conditions, il importe de faire un usage
restrictif de cette exception indépendamment du fait que les autorités serbes sont, en
application des Accords de Dayton, associées aux nouvelles institutions bosniaques (cf.
let. c, aa ci-dessus). La commission n'admettra ainsi des "raisons impérieuses"
que si celles-ci se fondent sur un événement d'une violence extrême (assimilable à une
persécution entrant dans le champ d'application de l'article 3 LA), ayant engendré un
traumatisme, dont les effets non seulement sont susceptibles de perdurer sur le long
terme, mais encore rendent, du point de vue psychologique, actuellement inexigible tout
retour en Bosnie-Herzégovine.
S'agissant des habitants de Srebrenica, il convient de relever les constatations
notoirement faites sur les événements consécutifs à la prise de Srebrenica. De l'avis
même du Tribunal Pénal International, "il semblerait que la population musulmane
[de Srebrenica] ait été massacrée de manière véritablement atroce. Les éléments de
preuve produits par le Procureur font état de scènes d'une cruauté inimaginable: des
milliers d'hommes exécutés et enterrés dans des fosses communes, des centaines d'hommes
enterrés vivants, des hommes et des femmes mutilés et sauvagement abattus, des enfants
tués sous les yeux de |