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politique visant à contrôler et relier entre elles toutes les enclaves serbes de Bosnie-Herzégovine et à transformer ladite république en une entité territoriale homogène (X. Raufer/F. Haut, Le Chaos balkanique, Paris, décembre 1992, p. 62 et 66). En particulier, en mars 1992, les services de police avaient été réorganisés dans les régions contrôlées par le parti nationaliste serbe (Amnesty International, Bosnie-Herzégovine: une nouvelle barbarie, Editions francophones, Paris, avril 1993, p. 20). Une nouvelle armée serbe de Bosnie a été formée à raison de 80% des contingents et de toutes les armes lourdes de l'armée fédérale stationnée en Bosnie-Herzégovine, et placée sous la direction du général Ratko Mladic; cette réorganisation militaire a été suivie par l'annonce, le 4 mai 1992, par le gouvernement central de Belgrade du "retrait de Bosnie-Herzégovine de l'armée fédérale yougoslave" (R. Hofwiler, Armeen, Milizen, Marodeure, in: Krieg auf dem Balkan, die europäische Verantwortung, E. Rathfelder (éd.), Hambourg, octobre 1992, p. 82; Human Rights Watch, War Crimes in Bosnia-Hercegovina, New York, août 1992, p. 35ss; Ministère des affaires extérieures d'Allemagne, Lagebericht Bosnien und Herzegovina, Bonn, 16 juillet 1992, p. 2). En collaboration avec les autorités civiles inféodées au SDS, l'armée serbe de Bosnie a entrepris une campagne brutale de terreur - au cours de laquelle des actes de génocide ont été perpétrés - afin de constituer une "République serbe de Bosnie" ethniquement pure (Département d'Etat américain, Country Report on Human Rights in Bosnia-Hercegovina, décembre 1993, p. 1). Dans la "République serbe de Bosnie", transformée en Etat policier sous la direction du SDS, les droits des membres des minorités musulmanes et croates n'étaient pas garantis (Département d'Etat américain, op. cit., p. 8 et 15). Les milices paramilitaires commandées par des extrémistes tels Vojislav Seselj et Zeljko Raznjatovic Arkan ont été autorisées, voire chargées de mener les besognes que les troupes officielles ne pouvaient ou ne voulaient accomplir (R. Hofwiler, op. cit., p. 82; Human Rights Watch, op. cit., p. 38); ces milices et d'autres francs-tireurs savaient qu'ils pouvaient violer impunément les droits de l'homme puisqu'ils participaient à la politique visant à vider la région des non-Serbes (Amnesty International, op. cit., p. 95). Les campagnes d'épuration ethnique étaient menées avec des moyens tels que les discriminations, humiliations et menaces, vols et pillages, privations de nourriture, passages à tabac et autres mauvais traitements, viols et autres tortures, meurtres, mitraillages et incendies d'habitations, expulsions, internements et déportations accompagnées de racket, moyens utilisés de manière systématique (Le Monde, 7 avril 1994; cf. aussi Le Monde, 26 juin 1996, article intitulé "Karadzic et Mladic accusés à La Haye"). A titre illustratif, il y a lieu de citer l'exécution, en octobre 1995, de non-Serbes, en particulier de Musulmans affectés à des travaux forcés dans les fabriques de