1996 / 20 - 204

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Sur le plan économique, l'Angola est un pays dévasté par dix-neuf ans de guerre civile; son taux d'inflation qui, en 1995, avait temporairement dépassé les 2'000%, est actuellement, avec environ 600%, encore très élevé. Le niveau de vie moyen d'une majorité de sa population de 11 millions d'habitants atteint le strict minimum vital. Le pays est entré dans une phase de transition, passant d'une économie planifiée à une économie de marché, et souffre d'une bureaucratie pléthorique. Les infrastructures économiques et sociales doivent être reconstruites, et ce dans une société fragmentée par les antagonismes entre cultures politiques (MPLA et UNITA surtout), entre ethnies (Mbundu, Ovimbundu et Kongo notamment), entre les élites noires et métisses essentiellement citadines ("assimilés") et la population rurale ("indigènes"), entre riches et pauvres, et entre régions. La libre circulation des biens et des personnes, nécessaire au redémarrage de l'économie et en premier lieu de son secteur primaire, se heurte à toutes sortes d'entraves (état déplorable des routes, ponts et autres ouvrages de génie civil, nombreuses mines disséminées dans le pays, quasi-racket organisé sur les routes par des troupes armées, et attaques de bandits). Sur le plan sanitaire, bien que l'Angola dispose de médecins compétents, les installations médicales sont délabrées, les conditions d'hygiène désastreuses, tandis que le matériel médical et les médicaments, en quantité insuffisante, sont souvent détournés et vendus au marché noir en raison du système angolais (inefficace) de la gratuité des soins. Malgré sa dépendance de l'extérieur, le pays est, grâce à l'exportation de pétrole, en mesure d'importer des denrées alimentaires. L'aide internationale ne se manifeste ainsi par des distributions que ponctuelles de nourriture. En revanche, sur des bases aussi bien bilatérales que multilatérales, elle se concrétise davantage dans la distribution de semences, d'outils agricoles et de biens de première nécessité non alimentaires. Elle ne profite toutefois, pour le moment, qu'aux principaux centres du pays, à savoir Luanda, Huambo et Cabinda, et à quelques autres points stratégiques. C'est également l'occasion de signaler que les appels à la reconstruction du pays, lancés en commun par le président José Eduardo dos Santos et le leader de l'UNITA Jonas Sawimbi, ont rencontré le 25 septembre 1995, à Bruxelles, lors de la Conférence du PNUD (Programme des Nations Unies pour le Développement), un écho très favorable, puisque les pays industrialisés ont promis, dans ce cadre multilatéral, une assistance humanitaire immédiate de 200 millions de dollars, et une aide à la reconstruction du pays de près 800 millions de dollars (Archiv der Gegenwart, no 40'417 B, du 11 octobre 1996; Neue Zürcher Zeitung, des 26 et 29 septembre 1995; Africa Confidential, vol. 36, no 16, du 4 août 1995).