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Sur le plan économique, l'Angola est un pays dévasté par
dix-neuf ans de guerre civile; son taux d'inflation qui, en 1995, avait
temporairement dépassé les 2'000%, est actuellement, avec environ 600%,
encore très élevé. Le niveau de vie moyen d'une majorité de sa
population de 11 millions d'habitants atteint le strict minimum vital. Le
pays est entré dans une phase de transition, passant d'une économie
planifiée à une économie de marché, et souffre d'une bureaucratie pléthorique.
Les infrastructures économiques et sociales doivent être reconstruites,
et ce dans une société fragmentée par les antagonismes entre cultures
politiques (MPLA et UNITA surtout), entre ethnies (Mbundu, Ovimbundu et
Kongo notamment), entre les élites noires et métisses essentiellement
citadines ("assimilés") et la population rurale ("indigènes"),
entre riches et pauvres, et entre régions. La libre circulation des biens
et des personnes, nécessaire au redémarrage de l'économie et en premier
lieu de son secteur primaire, se heurte à toutes sortes d'entraves (état
déplorable des routes, ponts et autres ouvrages de génie civil,
nombreuses mines disséminées dans le pays, quasi-racket organisé sur
les routes par des troupes armées, et attaques de bandits). Sur le plan
sanitaire, bien que l'Angola dispose de médecins compétents, les
installations médicales sont délabrées, les conditions d'hygiène désastreuses,
tandis que le matériel médical et les médicaments, en quantité
insuffisante, sont souvent détournés et vendus au marché noir en raison
du système angolais (inefficace) de la gratuité des soins. Malgré sa dépendance
de l'extérieur, le pays est, grâce à l'exportation de pétrole, en
mesure d'importer des denrées alimentaires. L'aide internationale ne se
manifeste ainsi par des distributions que ponctuelles de nourriture. En
revanche, sur des bases aussi bien bilatérales que multilatérales, elle
se concrétise davantage dans la distribution de semences, d'outils
agricoles et de biens de première nécessité non alimentaires. Elle ne
profite toutefois, pour le moment, qu'aux principaux centres du pays, à
savoir Luanda, Huambo et Cabinda, et à quelques autres points stratégiques.
C'est également l'occasion de signaler que les appels à la
reconstruction du pays, lancés en commun par le président José Eduardo
dos Santos et le leader de l'UNITA Jonas Sawimbi, ont rencontré le 25
septembre 1995, à Bruxelles, lors de la Conférence du PNUD (Programme
des Nations Unies pour le Développement), un écho très favorable,
puisque les pays industrialisés ont promis, dans ce cadre multilatéral,
une assistance humanitaire immédiate de 200 millions de dollars, et une
aide à la reconstruction du pays de près 800 millions de dollars (Archiv
der Gegenwart, no 40'417 B, du 11 octobre 1996; Neue Zürcher Zeitung, des
26 et 29 septembre 1995; Africa Confidential, vol. 36, no 16, du 4 août
1995).
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