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suivies de pertes de connaissance, de sudations nocturnes, de crampes dans les quatre membres, de périodes de somnolence et de difficultés à se réveiller. A sa sortie de prison, il a été blanchi de tout soupçon et réhabilité dans son ancien emploi. Durant les trois années passées au service dudit ministère, il n'a plus été inquiété, malgré son refus d'entrer au parti communiste. Il y a été très bien rémunéré en raison de l'injustice commise à son encontre, des connaissances acquises durant ses études et de ses capacités professionnelles. Il a pris part activement à la révolution de fin octobre 1956; pensant que celle-ci avait abouti, il a repris ses activités professionnelles jusqu'à l'arrivée des troupes russes dans le pays. Le 23 novembre 1956, il est entré dans la clandestinité avant de quitter quelques jours plus tard son pays, accompagné de son épouse. L. et R. S. ont été reconnus réfugiés et ont reçu l'asile en Suisse. Ils ont bénéficié de titres de voyage régulièrement renouvelés jusqu'au 31 juillet 1995.

Par lettre du 15 juillet 1994, l'ODR a informé les intéressés de son intention de leur retirer la qualité de réfugié et de leur révoquer l'asile, au motif que la situation actuelle en Hongrie s'était sensiblement modifiée au cours de ces dernières années et ne correspondait plus à celle qui avait provoqué à l'époque leur fuite, respectivement avait conduit à l'octroi de l'asile en Suisse. Il les a invités à fournir d'éventuelles observations jusqu'au 15 août 1994, tout en précisant que sa démarche s'inscrivait dans une pratique qu'il entendait appliquer et étendre, de manière progressive, à tous les réfugiés originaires de la Hongrie. Le 9 août 1994, L. S. a fait valoir en particulier qu'un retour en Hongrie après 38 ans de séjour en Suisse serait impensable, d'autant qu'il s'agissait là d'un pays où il n'avait vécu que quelques années comme réfugié yougoslave et dont il avait obtenu la nationalité uniquement parce qu'il était d'ethnie hongroise. Le 13 septembre 1994, l'ODR a prononcé à l'endroit de L. et R. S. une décision de retrait de la qualité de réfugié et de révocation de l'asile.

Le 17 octobre 1994, les intéressés ont recouru contre cette décision par l'intermédiaire d'un mandataire. Dans leur mémoire, ils ont soutenu en substance que leur nationalité hongroise n'était pas établie et s'engagaient à entreprendre les démarches utiles auprès des autorités hongroises en vue de vérifier cette question. Ils ont conclu à l'annulation de la décision querellée et à l'admission de leur recours. Dans sa lettre du 9 novembre 1994 qu'il a adressée directement à la commission de céans, L. S. a encore fait valoir qu'il avait été torturé en Hongrie, car soupçonné d'espionnage en faveur de la Yougoslavie et qu'il avait été détenu jusqu'à la proclamation d'une amnistie. Il