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psychologiquement empêchée d'y faire allusion au CERA, tant il est vrai qu'une note non datée, mais rédigée par la fonctionnaire cantonale postérieurement à l'audition du 29 octobre 1991, relève que l'intéressée semble avoir subi un choc récemment et pourrait être atteinte de troubles
psychiques, impression d'ailleurs confirmée par le traducteur.
c) Il est certes vrai que les déclarations de la recourante faites par-devant les autorités compétentes en matière d'asile divergent en partie des renseignements sur l'origine des
troubles, fournis au Dr A.. L'intéressée a en effet déclaré au médecin précité
(cf. certificats médicaux des 18 juillet et 1er août 1994) qu'elle avait été emprisonnée, violée, battue et brûlée sur son lieu de détention, et que son mari était décédé en
prison, alors qu'elle n'a jamais allégué, dans le cadre de sa procédure
d'asile, de détention à propos de son époux ou d'elle-même ni fait valoir des sévices tels que des brûlures. La commission ne comprend ni les raisons pour lesquelles les versions des faits sont partiellement dissemblables ni l'intérêt qu'aurait pu avoir la recourante à modifier le contexte dans lequel les faits allégués se sont déroulés.
Toutefois, force est de constater d'une part que celle-ci a allégué de manière constante avoir été battue et violée, que son
fils, ayant assisté aux scènes de violence à son égard, avait disparu depuis les événements et, d'autre
part, que les contradictions relevées plus haut ne permettent en rien d'exclure les mauvais traitements et tortures
subis. En outre, quand bien même le certificat médical joint au recours ne permettait pas à l'ODR d'admettre un lien de cause à effet entre les préjudices allégués et l'affection que présente l'intéressée, un tel lien doit être admis en particulier sur la base de l'ensemble des renseignements médicaux
fournis.
d) En effet, selon le certificat du Dr O. du 21 janvier 1992, l'intéressée nécessite un suivi psycho-social et médicamenteux régulier, ainsi qu'en attestent les différents certificats ultérieurs du médecin précité, datés des 9 et 14 juillet 1992, de même que le rapport du 11 août 1992 du Dr J. ainsi que les certificats des 18 juillet et 1er août 1994 émanant du Dr A.. Selon les renseignements de cette dernière, l'intéressée, en traitement régulier chez elle depuis le 16 juillet 1992, a développé un état dépressif grave entrecoupé d'accès mélancoliques délirants évoluants vers la chronicité et en troubles paranoïaques à caractère
psychotique, suite aux événements dont elle a fait état par-devant elle. Grâce aux médicaments et aux séances de psychothérapie de
soutien, l'état dépressif s'est stabilisé, mais les récidives sont fréquentes et la compensation difficilement
atteignable. Sur le plan psychiatrique, le pronostic est médiocre et les accès mélancoliques délirants fréquents.
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