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jusqu'à perdre connaissance. Depuis ces événements, elle n'entend ni ne voit correctement. Par crainte de subir de nouveaux sévices, elle a quitté son pays le 31 août 1991, sans son fils, celui-ci n'ayant pas réapparu à cette date.

Le 16 juin 1992, l'ODR a rejeté la demande d'asile de la requérante et a prononcé son renvoi de Suisse, estimant que ses déclarations ne remplissaient pas les conditions de vraisemblance posées par la loi sur l'asile.

L'Hospice général, institution genevoise d'action sociale, a fait parvenir au médecin conseil de l'ODR, par courrier du 17 juillet 1992, deux certificats médicaux du Dr O., consultant aux Institutions universitaires de psychiatrie de Genève, remontant aux 21 janvier et 14 juillet 1992. Il en ressort que l'état de santé de la requérante nécessite un encadrement psycho-social, soit des entretiens réguliers dans sa langue maternelle avec le Dr A. et un traitement médicamenteux.

Dans son recours administratif interjeté le 13 août 1992, l'intéressée conclut principalement à l'octroi de l'asile et subsidiairement à la renonciation à la mesure d'exécution du renvoi, celui-ci s'avérant inexigible. Elle soutient, sur la base des moyens de preuve fournis, que les faits tels qu'exposés sont vraisemblables et explique en particulier que son père a bien tenté de s'interposer entre la police et elle-même pour la protéger, mais qu'il a été violemment écarté par les policiers, lesquels se sont acharnés sur elle avant de quitter les lieux. Elle souligne également que depuis les traumatismes subis, elle présente des troubles du comportement et de la personnalité qui ont nécessité une prise en charge médicale et un encadrement spécial. A cet égard, elle produit un certificat médical du Dr O., daté du 9 juillet 1992, qui constate qu'elle présente une affection neuro-psychiatrique récidivante nécessitant un suivi psychiatrique régulier et un encadrement psycho-social.

Le 19 juillet 1994, la recourante fournit un certificat du Dr A., daté du 18 juillet 1994. Le 1er août 1994, le Dr A. adresse à la commission de céans un rapport auquel il joint un autre, daté du 11 août 1992, établi par le Dr J., médecin-assistant à l'Hôpital cantonal universitaire de Genève. Il ressort notamment de ces certificats que la recourante est en traitement chez le premier médecin cité, depuis le 16 juillet 1992. Selon les anamnèses, l'intéressée a été emprisonnée, violée, battue et brûlée sur son lieu de détention. Son époux est décédé en prison et son fils unique a disparu. Depuis ces événements, elle se sent humiliée, désespérée et dit en particulier souffrir de maux de tête, de troubles du sommeil, de l'appétit, d'une angoisse constante